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La globalisation :
un phénomène neutre
Relier les deux concepts de mondialisation et de développement
durable est la reconnaissance d’un monde élargi, globalisé,
interconnecté. L’interconnexion des réseaux n’est pas une vérité
qu’en télécommunications. Si celles-ci en sont d’abord une icône
technique, elles contribuent aussi
largement au rayonnement de cette mondialisation.
La « perméabilité » s’est progressivement installée
entre les systèmes d’organisation ou de valeurs. Et beaucoup de
situations sont vécues comme antagonistes à l’extrême. Cette
perméabilité des systèmes est devenue planétaire. Ses conséquences
sont explosives. Environnementalement et parfois socialement.
Et les deux aspects sont intimement liés.
Cette contrainte inévitable
peut pourtant devenir une gisement à haute valeur ajoutée en
s’attachant à gérer à la fois le court terme et le long terme.
Mais, d’abord, la
mondialisation. Elle est un phénomène neutre.
La dire neutre, c’est simplement exprimer que ce phénomène n’est ni bon
ni mauvais. Qu’il est devenu. Qu’il existe.
Certes, on peut l’aimer ou pas, être pour ou
contre. Et en débattre.
Dans tous les sens du mot qui comprennent aussi se battre. Pourtant,
la seule question d’un réel intérêt est de savoir ce que, tous
ensemble, les hommes seront capables de faire de cette globalisation
rampante qui s’est imposée peu à peu jusqu’à occuper tout
l’espace du monde des angoisses de la pensée économique et
sociale.
En tant que fait acquis
irréversiblement, ce phénomène est
d’abord un appel incontournable à la coopération et à la créativité
de l’ensemble des interlocuteurs. Avec toutes les difficultés que
comportent les recherches des zones de vraies coopérations dans un
modèle de compétition. Une recherche non seulement intellectuelle
mais qui ne peut être utile que suivie d’un engagement par
l’action.
Ce
que vient montrer ce
« phénomène » ?
Dépassionner le sujet et regarder la globalisation avec un peu de
distance comme un « phénomène » (en grec : « ce
qui se montre ») conduit à déceler que plus aucun
« système d’organisation » ne peut plus aujourd’hui
comme avant être - ni se vivre
- durablement comme isolé.
Qu’on le veuille ou non,
l’entreprise peut de moins en moins se montrer « autiste »
à son environnement au sens large. Le social est lié à l’économique.
Et le tout est lui même intimement relié à l’évolution de
l’environnement physique de la planète mais aussi à l’évolution
de l’environnement relationnel de tous les hommes entre eux.
Dans le même temps où les conditions de vie sur la planète se
dégradent,
chacun au Nord et au Sud, à l’Est et à l’Ouest, dans les
couches les moins favorisées, dans l’économique et dans le
secteur social, chacun revendique légitimement une meilleure place
au soleil.
Toute la question de la globalisation réside
là. Développer
durablement les ressources de la planète et développer durablement
les ressources humaines plutôt que de les « exploiter ».
Ce
qu’appelle
la mondialisation
Ce nouveau paradigme appelle manifestement à la
naissance
collective d’une toute nouvelle culture. Une culture dont les
caractéristiques seront de plus de qualité de vie, de plus de
respect réciproque, de plus d’écoute et de plus d’équité.
Devant l’émergence de ces constats et devant le sens de ces
appels, l’urgence se dessine plus clairement. La vraie urgence est
celle d’oser mettre en place peu à peu, et aussi à vivre de
mieux en mieux, le passage vers un tout nouveau modèle relationnel,
encore en germe à ce jour.
C’est à un retournement culturel majeur sans égal dans
l’Histoire de l’humanité que nous sommes confrontés,
individuellement et collectivement. A de nouveaux regards et
attitudes envers non seulement la Planète, mais également envers
les Hommes qui y vivent. Et prioritairement sur chacun d’entre
nous.
Nous
traversons une crise culturelle que nous pouvons - devons -
transformer en opportunité. Nous n’avons probablement pas
d’autres choix. Ignorer le développement durable n’est pas une
voie à risque, c’est une voie certaine d’échec à long terme.
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